La guerre en action

Le cinéma adore le spectaculaire. Il permet aux réalisateurs et aux responsables des effets spéciaux de rivaliser d’adresse et d’ingéniosité. Quoi de plus « porteur» dans ce domaine que la guerre? Celle de 39-45 a le don d’inspirer les bons faiseurs et les experts en pyrotechnie, et un nombre incalculable de films a été tourné sur caste période.

guerre 1939 1945

Il convenait d’effectuer un choix draconien en respectant toutefois la chronologie des événements. «Week-end à Zuydcoote», réalisé en 1964 par Henri Verneuil, décrit minutieusement ce que le romancier Roland Dorgelès appelait la «Drôle de guerre» et qui dure de septembre 1939 à mai 1940. Outre ce film d’action particulièrement maitrisé (imposante figuration et interprétation sans faille avec un Belmondo en surforme), cette pénible page d’histoire faite d’attentisme et d’attaques surprises a donné prétexte aux premières séquences du célèbre «Jeux interdits», de René Clément, et de « Babette s’en va-t-en guerre», de Christian-Jaque. Pierre Granier-Deferre a su fort bien dépeindre l’exode des civils dans «Le train », avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, tandis que Robert Lamoureux a tenté, en y réussissant parfois, de faire rire avec les trois volets de la «Septième compagnie». Inlassablement, Hitler continue d’assouvir sa soif de conquêtes. En 1939, il envahit la Pologne et le trop fameux ghetto de Varsovie, largement évoqué dans «Au nom de tous les miens ». L’autobiographie de Martin Gray, mise en scène par Robert Enrico, fait partie des taches indélébiles qui endolorissent notre mémoire. Dans le même temps, la France et la Grande-Bretagne déclarant la guerre à l’Allemagne. Hitler poursuit sa progression, misant sur l’effet de surprise et la rapidité de ses attaques. Il viola allégrement le pacte de non-agression signé et approuvé par l’Occident lors de la Convention de Genève. 1940 est l’année de toutes ses victoires… et celle de toutes nos défaites. Le Führer annexe successivement les Pays -Bas, la Belgique et le Luxembourg.

Belmondo La France est divisée en deux, le Nord occupé et le Sud libre, car les Allemands occupant les points stratégiques de notre pays. L’Italie, alliée depuis le début à l’Allemagne, déclare officiellement la guerre à la France. Tout se bouscule, tout va trop vite! Et c’est vraiment le début de la grande gloire du Troisième Reich qui va ne faire que croître et embellir jusqu’en 1944. Quelle manne pour le cinoche! Si «Quand les aigles attaquent » (1969), de Brian G. Hutton, raconte l’histoire intemporelle d’un commando anglais qui a pour mission de délivrer un général détenu par les nazis dans une forteresse alpine imprenable, «La bataille d’Angleterre» s’appuie sur des faits réels. Réalise la même armée par Guy Hamilton, ca film, qui relate de façon spectaculaire l’attaque, le 10 et 1940, par 2 500 bombardiers allemands des terrains d’aviation du sud de l’Angleterre, est le plus coûteux tourne en Grande-Bretagne. Un casting d’enfer (Laurence Olivier, Michael Caine, Robert Shaw, entre autres), une dizaine de conseillers militaires, un matériel de guerre considérable, tout est mis en place pour faire de l’œuvre une folle superproduction. Généralement, les scénaristes, jamais en mal d’inventions, adaptent, en fonction du budget et des acteurs, un fait de guerre ou un morceau de bravoure notoire. C’est le cas des «Canons de Navarone», produit par Carl Foreman et réalisé par Jack Lee Thompson.

Gregory Peck, David Niven et Anthony Quinn sont chargés de détruire deux énormes canons allemands dressés sur les hauteurs de l’lie de Kheros. Ce film célébrissime, outre son interprétation solide, bénéficie d’imposants moyens et d’une réalisation carrée. Il en va de même pour «Le bateau», tourné en 1981 par l’Allemand Wolfgang Petersen. Ce drame, qui a coûté 25 millions de marks, se déroule en 1941 dans un sous-marin germanique. Les bleus comme les vétérans émettent des incertitudes quant à la victoire finale. Le moral n’y est plus. Ils ignorent qu’ils sont en train d’accomplir leur dernière mission. Jürgen Prochnow incarne avec beaucoup de conviction le commandant de ce « bateau» de l’ultime chance. Peter O’Toole, de son côté, interprète en hallucine un général nazi complètement désaxé qui assassine des prostituées, au hasard de ses raids, dans le film sulfureux d’Anatole Litvak, «La nuit des généraux » (1966). Il est vrai que la guerre prête à toutes les exactions. Le réalisateur français Denys de La Pa tellière analyse avec pertinence les conflits internes qui peuvent éclater au sein d’un groupe d’hommes dans «Un taxi pour Tobrouk» (1961). L’action se déroule en 1942 dans le désert de Libye. Deux Français, un médecin juif, un Basque et un Allemand se trouvent réunis par le hasard et sont contraints de cohabiter. Si les scènes d’action ne manquent pas, l’accent est mis sur les rapports conflictuels qui constituent la trame du scenario. C’est en voulant envahir la Russie qu’Hitler connait son premier échec. Une tentative lourde de conséquences avec ses 7 500 000 morts de part et d’autre et un c’est en matériel, pour l’Allemagne, encore aujourd’hui inchiffrable. Rares sont les films qui ont traité de front cette douloureuse page d’Histoire. «Croix de fer » est de ceux-là. Réalisé de main de maitre par le grand Sam Peckinpah, chantre incontesté de la violence à l’écran (souvenez-vous de « La horde sauvage»), ce film âpre et dur se situe en 1943 sur le front russe. L’heure de la retraite a sonné pour les troupes allemandes, mais le commandant Stransky (Maximilian Schell) ne l’entend pas de cette oreille. Il s’est porté volontaire pour l’enfer afin d’obtenir la glorieuse Croix de Fer. Seul obstacle, le sergent Steiner (James Coburn), un militaire cynique qui ne croit plus au Troisième Reich. L’ambiance déliquescente d’ou suinte la défaite est parfaitement rendue. Cette œuvre méconnue mérite d’être découverte pour sa force, sa méchanceté et sa condamnation sans appel de l’absurdité de la guerre. Le général Eisenhower, chef des armées américaines pour l’Europe, dispose à ses côtés de deux stratèges de talent, Patton et Montgomery. Problème aigu, ils ne peuvent pas se sentir et se vouent une haine féroce.

George S. Patton est le héros du film — homonyme du général — que Franklin J. Schaffner réalise en 1969. Le comédien George C. Scott se coule à merveille et sans effort dans la peau d’un des généraux les plus controversés de la Seconde Guerre mondiale. Ses coups de gueule légendaires et ses éclairs de génie foudroyants lui valent une solide réputation d’emmerdeur incontournable. C’est aussi le cas de Montgomery qui parachute, en septembre 1944, 35 000 hommes en Hollande pour s’emparer des six ponts principaux qui mènent à la frontière allemande. Richard Attenborough en tire, en 1977, un film démesuré au casting international, «Un pont trop loin ». Dans le genre opération suicide, « Les douze salopards», de Robert Aldrich, n’est pas mal non plus.

A la veille du débarquement en Normandie, le commandant Reisman (Lee Marvin) doit recruter, dans une prison militaire, douze hommes condamnés à de très lourdes peines. Leur mission anéantir un château, près de Rennes, transforme en quartier général par les nazis. Si ce film reçoit sa sortie un accueil controverse de la part de la critique, certains y voyant une apologie du fascisme, d’autres le considérant comme un virulent pamphlet antimilitariste, n’en va pas de même pour le grandiose «Jour le plus long ». Réalise avec des moyens considérables (neuf mois de tournage, quatre metteurs en scène, 167 comédiens), cette épopée lyrique reste ce jour le film de référence sur la haute stratégie guerrière. On le voit, la guerre est (malheureusement?) une source d’inspiration inépuisable pour le septième art.

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Johnny belle gueule

Johnny belle gueule Pas de chance, Johnny ! Nanti d’un visage à faire peur, il n’a connu depuis l’enfance que le rejet, et s’est réfugié dans la marginalité et la délinquance. Surnommé Belle Gueule par dérision, il n’a qu’un ami, Mikey le cambrioleur. Comment lui refuserait-il de participer-à un hold-up chez un numismate de New Orléans ? Hélas, ils sont trahis par deux complices retors, pervers et violents, qui abattent Mikey de sang-froid. Epargné par miracle, Johnny se retrouve en prison, où un chirurgien éminent s’intéresse à son cas. Après l’opération adéquate, Johnny aura un nouveau visage, miracle : celui de Mickey Rourke ! Car c’était lui, si vous ne l’aviez pas reconnu sous son masque de carnaval. La lente réinsertion de l’ex-voyou, qui va travailler en usine sous une nouvelle identité et se trouve une petite fiancée (Elizabeth McGovern), est le meilleur du film de Walter Hill. C’est alors que commence la seconde partie, plus traditionnelle : muré dans son mutisme, Johnny a fait tout cela pour donner le change. Il ne pense en fait… qu’à la vengeance ! On retombe alors dans le polar classique, où Mickey Rourke fait son numéro sans lésiner. Un bien curieux scénario, dont l’originalité s’épuise brutalement, et qui se dirige dès lors vers un dénouement des plus conventionnels.

« L’homme est un loup pour l’ homme », comme le claironnait avec une malsaine insistance Nietzch(1844-1900), le fringant apologue du surhomme pré-aryen. Et l’histoire lui donne malheureusement raison. Haine, agressions et conflits en tout genre, l’homo-prétendument sapiens s’évertue depuis sa création à s’affirmer en se battant. Une clôture qui empiète sur le champ du voisin, un gisement du pétrole découvert en zone vierge , un catholique qui veut convertir un protestant, et tout de suite, c’ est la guerre !la gigantesque poudrière que représente notre monde menace en tout instant , d’ exploser, nous l’ avons vue avec les évènement du Golf .Et quand ça pète, ça fait très mal .La dernière guerre mondial qui a duré 69 mois demeure sans conteste le conflit contemporain le plus meurtrier, avec 750 000 tuées environ, uniquement chez les Français .Le nombre de pertes de nos alliés est inchiffrable . Triste record, qui traduit à merveille la folie, l’absurdité et la barbarie des homme. Le cinéma s’est tout de suite intéressé à ce phénomène trop humain, soit pour en fustiger les tares, soit pour magnifier l’étrange noblesse de l’art de tuée au combat. Les films qui traitent de la guerre 39-45 sont innombrables. Aussi pour une meilleur compréhension, avons-nous sérié en chapitre les différentes genres : les films d’action, ceux traitant la Résistance et des camps de concentration, et ceux dans la même période, ayant pour terrain d’action le Pacifique .Mais auparavant, quelques points d’Histoire…

Liza MinelliL’Allemagne est effondrée. Les errances bellicistes de 14-18 la laissant exsangue, sans force et économiquement démunie. La reconstruction, tant morale que physique, se fait dans la douleur et sans enthousiasme. Il manque un homme qui sache trouver les mots pour galvaniser un peuple malade et affaibli. Convaincant jusqu’ au fanatisme, transcendé jusqu’ à l’illumination. Adolph Hitler répond à ce besoin impératif et salvateur. Ses discours, virulent jusqu’ au mépris, sensibilisent les Allemands à leur honneur perdu. Ils leur redonnent confiance, force et vie. Hitler crée le parti national socialiste, qui trouve aussitôt des milliers d’adhérents. Le réalisateur et chorégraphe Bob Fosse retrace avec faste l’ambiance curieuse et frelatée de cette époque dans « Cabaret »(1972). Le Kit Kat club où se produit Liza Minelli est un improbable exutoire à l’inéluctable, aux dissensions de plus en plus après qui opposent les pros et anti nazis.

Très vite Hitler se montre sous son vrai jour. En 1933 il fait sauvagement assassiner les principaux chefs de l’opposition lors de la nuit des longs couteaux. Luchino Visconti romance quelques peu l’évènement dans « Les damnés »qu’il réalise en 1968, avec Dirk Bogarde et Ingrid Thulin dans les rôles principaux. Hitler, par cet acte barbare, dévoile ses batteries et, avec derrière lui une Allemagne magnétisée par son charisme, c’est sans aucune difficulté qu’il envahit l’Autriche en mars 1938.

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Elémentaire mon cher… Lock holmes

Incroyable vérité ! Sherlock Holmes et le Dr Watson, ce mythique tandem, fonctionnaient à contresens. Le cerveau, le génial détective, c’était Watson (Ben Kingsley). Par déontologie médicale, il a voulu rester dans l’ombre, a inventé de toutes pièces le personnage de Holmes, rôle prestigieux qu’il a confié à un certain Reginald Kincoid, obscur et alcoolique comédien au chômage (Michael Caine).

Sherlock HolmesC’était simple, mais encore fallait-il y penser ! Les fans de Conan Doyle apprécieront cette idée savoureuse, pivot d’un hommage intelligent, émaillé de clins d’œil et d’allusions subtiles au cycle Sherlock Holmes. Au début du film, Watson est excédé par les bévues de Sherlock : il le congédie et décide d’assumer seul sa destinée. Facile à dire, le mal est fait : le mythe est plus fort que la réalité. Sur l’insistance du gouvernement de sa gracieuse majesté, Watson est contraint de repêcher son acolyte. Entre l’humour des boutades et le suspense de l’intrigue, Eberhardt maintient habilement l’équilibre. Et la comédie finit par prendre une autre dimension, avec l’affrontement, sur les planches d’un théâtre abandonné, d’un Reginald enfin régénéré, dans son élément, combattant à l’épée l’infernal Moriarty. Une scène émouvante, fonctionnant sur ces vieilles « valeurs » que sont la renaissance, le dépassement de soi. Ah, ces Anglais !

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L’arme fatale 2

Le tandem du flic suicidaire, tirant sur tout ce qui bouge, et de son collègue noir pantouflard a fait de » L’arme fatale 1 » un des plus gros succès américains de l’année 1987. Mel Gibson, Danny Glover et Richard Donner ont donc rempilé pour « L’arme fatale 2 ».

L'arme fatale 2Mais, maintenant que le policier fou et son copain pépère se sont apprivoisés mutuellement et ont appris à se connaître, ils forment un bloc indestructible et vont s’attaquer à des trafiquants de drogue particulièrement coriaces. Ils repartent dans les rues de Los Angeles et sur les routes de Californie pour traquer un gang de trafiquants de drogue dont le chef est un important dignitaire d’Afrique du Sud protégé par l’immunité diplomatique. Danny Glover joue en intériorité. Et Mel Gibson a trouvé un second souffle assez fabuleux avec Martin Riggs, flic cabochard, intrépide et même suicidaire, tout en impulsivité et en témérité. Richard Donner s’est appliqué à situer minutieusement les protagonistes dans un contexte social et psychologique précis, avant de les entraîner dans une succession étonnante de poursuites et de situations explosives. Et là, cascadeurs et techniciens des effets spéciaux mettent vraiment le paquet !

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Chacun sa chance

Debra WingerUn drôle de détective privé, Tom O’Toole (Nick Nolte, plein d’autorité comme toujours), passe son temps à écouter dans sa voiture des cassettes de blues jazzy d’avant-guerre. Il fait route vers Highbury, un patelin de Nouvelle-Angleterre où l’attend un imbroglio pas possible. Son employeuse, Angela Crispini (Debra Winger: splendide), lui demande d’enquêter sur l’assassinat d’un ami à elle, médecin réputé du coin. Quelques mois plus tôt, la police locale, hâtivement, a inculpé le neveu de la victime, Félix Daniels, mais tout ça n’est pas clair, c’est le moins qu’on puisse dire. Scénario signé Arthur « Marilyn » Miller. Prétexte policier pour tracer un tableau sociologique : la province américaine, ses notables, ses illuminés, ses sectes religieuses, ses liaisons secrètes. Sous le signe de l’ambiguïté, ce récit subvertit les traditionnelles aventures de privés à la Philip Marlowe — mais au prix d’un bavardage parfois trop théâtral. Il faut attendre la dernière bobine pour qu’il y ait de l’action. Mais il y a un ton, une atmosphère.

Miami coke

Amateurs d’émotions fortes et de polars violents, ce film est fait pour vous. Les cadavres pleuvent sur les traces de Dennis Delaney. Pourtant, ce flic subit plus qu’il n’agit. Injustement emprisonné, il sort de prison et cherche à retrouver son honneur perdu. Il sympathise avec un présentateur de TV et, un soir, sans qu’il s’y attende, il est témoin d’un meurtre et traqué par deux bandes de trafiquants de drogue qui le croient en possession d’une grosse quantité de marchandise disparue. Sans parler de la police qui est à ses trousses. L’innocent pris dans un engrenage qui le dépasse, lui échappe et risque de l’écraser, est un très efficace élément de suspense. Dans « Miami coke », le réalisateur, Léon Ichaso, a veillé à ce que le rythme de son action ne se relâche pas, mais il a surtout créé des personnages qui existent vraiment, qui ont une authentique épaisseur psychologique. Du héros de l’aventure, à ce caïd de la filière cubaine qui règne sur Miami, et dont la froideur glace le dos… Tout cela fait de « Miami coke » un bon polar de série.

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Outrages

Sean PennL’horreur, Brian De Palma, ça le connaît. Qu’il trempe dans le fantastique ou le polar, il s’y entend à la distiller. Alors, les atrocités du Vietnam, quelle matière ! Son héros, un Michael J. Fox à peine rentré du futur, parfaite incarnation du jeune Américain moyen, est le GI Eriksson. Pour lui, le premier contact avec la « sale guerre » est très, très dur. Piège, il y laisserait sa peau sans le sergent Meserve (Sean Penn). Celui-ci, conscient que ses hommes sont ivres de rage après la mort d’un des leurs, les « autorise » à enlever une jeune Vietnamienne pour entretenir le moral pendant une périlleuse mission de reconnaissance. Ella sera violée et tuée sur fond de napalm et de massacres.

Seul Eriksson est contre. Résistant à tous les « conseils » , il dénonce ses camarades, tous coupables ou complices. On ne lui pardonnera pas… De même, le public américain n’a pas pardonné à Brian De Palma de remuer ces mauvais souvenirs, ce remords et cette honte. Là-bas, on préfère oublier tout ça, ou bien pleurer au cimetière comme dans « Un héros comme tant d’autres ». Au lieu de cela, « Outrages » met le doigt sur une contradiction profonde : car c’est bien Eriksson, idéaliste, épris de justice, qui est le vrai héros américain. Dans ce rôle, Michael J. Fox est aussi sobre et réservé que Sean Penn violent et inquiétant.

Lady Beware

Lady BewareFilm étrange, mais pouvait-on attendre autre chose d’une des réalisations américaines les plus engagées dans un cinéma d’introspection et un combat féministe ? Karen Arthur a signé l’étonnant « Mafu cage ». Avec « Lady Beware », Arthur donne dans le thriller à suspense, très sexuel et violent. Mais elle n’en abandonne pas pour autant ses ambitions. Son héroïne est une jeune décoratrice de vitrines de grands magasins de Pittsburg (où le film a été tourné) qui s’offre, dans ses créations, des audaces très étonnantes. Ella attire la curiosité malsaine d’un jeune macho— par ailleurs paisible mari et père de famille — qui s’infiltre dans le loft de la jeune fille, la viole, lui fait subir les sévices sexuels les plus humiliants, la persécute au téléphone. Et tout ce trouble semble donner de l’inspiration à la jeune femme pour ses vitrines. Mais, lorsqu’elle sent qu’elle glisse vers la folie, à force de sévices et de persécutions, elle décide de prendre les commandes du jeu et de se faire justice. Mais pas à la manière de Charles Bronson. Avec une finesse beaucoup plus féminine, cruelle et plus ambigüe. Karen Arthur s’offre, au-delà d’un thriller fort efficace (un peu sombre toutefois dans les scènes de Viols nocturnes qui ouvrent le film), une séduisante variante sur le mythe éternel du maître et de l’esclave.

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Shocker mee

On ne sera pas surpris, bien sûr, par le meurtrier indestructible de « Shocker », sachant que son créateur n’est autre que Wes Craven. Le père de l’abominable Freddy ne cache pas qu’il en fit une maladie lorsqu’on lui enleva son enfant. Résultat, frustré de ne plus mettre en scène les exploits de Freddy Krueger (« Les griffes de la nuit », les suites, la série…), il lui a donné un petit frère, qui répond au doux prénom d’Horace. Bon sang ne peut mentir ! Celui-ci est un tueur fou aussi féroce que son aîné, et voici sa première (mais sûrement pas dernière) sanglante aventure. A suite de ses forfaits, le bougre passe sur la chaise électrique stupeur, le courant lui donne un coup de fouet et il redouble de fureur. Il a reçu une décharge de 200 000 volts, ce qui le rend deux fois plus redoutable, donc, que Gilbert Bécaud. Transformé en mutant électrique, Horace fait des ravages en voyageant à travers les fils, les prises de courant et en traversant les écrans de TV. Effets spéciaux en pagaille, mais scénario minimal, Craven n’a qu’à moitié réussi son pari.

Embrasse-moi vampire

Embrasse-moi vampire
Le vampirisme est une terrible contagion, savez-vous ? Venu d’une province roumaine, la Transylvanie, il a gagné le monde entier. Agent de propagation : le celluloïd, autrement dit la pellicule. Mais le mal évolue : c’en est bien fini des vampires gothiques, avec manoirs à toiles d’araignée. Aujourd’hui, c’est une maladie comme une autre, pour entretien de Bichat. Voyez ce qui arrive à ce pauvre Nicolas Cage dans le film de Robert Bierman : fringant yuppie new-yorkais, il drague une sublime créature, Jennifer Beals (de quoi craquer !) sans voir que ses canines sont acérées. Quelque temps plus tard, notre jeune cadre sombre dans une étrrange morbidite, se clôitre dans l’obscurite et persécute sa secrétaire. Que se passe-t-il ? Est-il malade, sujet à des hallucinations ou carrément vampirisé ? D’un bout à l’autre,  » Embrasse-moi vampire » maintient l’ambiguïté, et du coup le film oscille entre le drame le plus noir et la comedie la plus hilarante, où Nicolas Cage (c’est le rôle qui veut ça) cabotine à plaisir, le sien et le nôtre.

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Appel d’urgence

Appel d'urgence Fantastique ? Oui bien sûr, ce n’est pas pour rien que  » Miracle mile » (en France « Appel d’urgence »I a été projeté à Avoriaz. Pourtant, on part d’une réalité quotidienne très ordinaire, qui va être bouleversée par un évènement imprévisible. L’idée est absolument géniale : un quidam s’apprête à téléphoner d’une cabine publique, à Los Angeles, la sonnerie retentit, il décroche, une voix affolée lui annonce que la guerre nucléaire vient d’être déclenchée. Dans 75 minutes, les missiles détruiront la ville. Il faut se résoudre à l’évidence : ce n’est ni un canular ni un cauchemar. Plutôt le début d’un hallucinant suspense : de minute en minute, se précise la terrifiante menace de l’Apocalypse. Il faut fuir, s’éloigner le plus possible. Mais où ? . Comment ? Avec qui ? L’étude clinique d’une panique est toujours passionnante. En outre, l’intérêt du film de Steve de Jarnatt c’est que, paradoxe, il n’est jamais « téléphoné » ! Si nous savons d’emblée de quoi il s’agit, nous aurons le loisir de contempler les réactions et les comportements dans une situation aussi exceptionnelle. Et le dénouement lui-même nous laisse pantois…

Bienvenue au paradis

Bienvenue au paradisAttention, ne pas confondre avec le grand spectacle historique d’Alan Parker actuellement sur tous les écrans. Ce « Bienvenue au paradis »-ci est un film d’Alan Rudolph, « Made in heaven », qui fut projeté au Festival d’Avoriaz 1988. Mike (Timothy Hutton) a perdu en trois jours sa petite amie, son travail et… la vie. Dans l’au-delà, il rencontre la ravissante Annie (Kelly McGillis). Les tourtereaux se préparent à passer l’éternité ensemble, mais l’administration du ciel a d’autres projets pour Annie, qui est envoyée sur terre sous une autre identité. Mike, dans tous ses états, obtient l’autorisation de redescendre lui aussi. Difficulté pour corser le jeu: ils auront, l’un et l’autre, tout oublié de ce qu’ils ont vécu. Deuxième chance, ou piège métaphysique ? Comme toujours chez Alan Rudolph, les destins se séparent, s’entrecroisent, se retrouvent, c’est du fantastique soft comme l’adorent les Américains, une réflexion sentimentale sur le temps qui passe.

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Nouvelle vague

Voila ce qui arrive quand on veut trop créer l’évènement, que lorsque dans la fureur cannoise, un cinéaste joue au mystérieux et que sa vedette principale se prend pour un matador, les médias embrayent dans la rubrique « people » et on ne regarde plus le film qui ne trouve plus le public qu’il méritait. Car « Nouvelle Vague » est un des plus intéressants Godard qu’il nous ait été donné de voir depuis longtemps. Un film déroutant sans être déconstruit. Et un rôle ambitieux pour Delon ! Un homme se noie sous les yeux de sa femme qui… Et puis, non ! Plutôt que de raconter le sujet du film qui est d’une simplicité dérisoire, mieux vaut laisser la parole à Jean-Luc Godard qui présente son film ainsi : « Un homme est sauvé de la chute par une femme. La même femme est sauvée de la chute par un autre homme. Mais la femme découvre que l’autre homme est le même que le premier. » Avec son style à la fois incisif et intellectuel, Godard construit autour de Delon une réflexion sur l’individu et le couple tout à fait fascinante.

Winter people

Winter peopleVoici un film intense, puissant, émouvant, prenant, et surtout remarquablement interprété par ses deux vedettes, Russell et McGillis. Un étranger tombe amoureux d’une jeune femme impliquée dans une guerre entre deux familles montagnardes qui se haïssent depuis toujours. Une de ces vendettas qui ne s’achèvent qu’avec la mort du dernier membre des deux familles:.. Parviendra-t-il à se faire accepter et se tenir loin des querelles de clans ? Adapté d’un roman de John Erle, « Winter people » se situe durant la grande dépression de 1930, dans le sud des Appalaches : un monde montagnard, primitif et stoïque, qui vit replié sur lui-même avec ses propres règles. Mais, au-delà d’une description des mentalités et de la vie de ce coin sauvage des Etats-Unis, « Winter people » est d’abord une histoire d’amour et une belle fable dont la morale serait : l’amour vient à bout de toutes les intolérances.

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Un héros comme tant d’autres

Un héros comme tant d'autres  Oublié, le Vietnam ? D’un bout à l’autre des Etats-Unis, les « vétérans » (les anciens combattants) en gardent les séquelles, physiques et mentales. Ici, dons sa bourgade perdue du Kentucky, il y en a un qui broie du noir, c’est Emmett. Sa nièce Samantha, que tout le monde appelle Sam, a dix-sept ans et n’a jamais connu son père, mort là-bas dans les rizières. Personne ne veut lui en parler, mais Sam veut savoir. Gentiment, elle asticote Emmett qui, solitaire et ombrageux, élude toutes ses questions : personne ne pourrais comprendre I Sam insiste. Larguant son petit copain, elle fréquente assidûment les « vétérans » du patelin. Têtue, obstinée, émouvante. Jusqu’au jour où… Emmett craque ! L’émotion coule à flots. Sam, c’est Emily Lloyd, la petite Anglaise à l’eternel chewing-gum révélée par « Too much » et dont le charme « nature » résiste crânement aux grosses machines yankees. Emmett, c’est le sympathique Bruce Willis, qui arbore ici de superbes bacchantes. Certes, on est aussi loin de la révolte de Tom Cruise dans « Né un 4 juillet » que de la contestation de Michael J. Fox dans « Outrages ». C’est une autre voix, un autre ton, dans le grand concert que donne le cinéma hollywoodien sur le thème du Vietnam : la réconciliation nationale dans les torrents de larmes a ici le mot de la fin.

Burning secret

Burning secret Ce Birkin-là est le frère de Jane et le remarquable scénariste du « Nom de la rose ». Il se prénomme Andrew et réalise ici son premier long métrage « Burning secret », adapté d’une nouvelle de Stefan Sweig « Brûlant secret », raconte comment, dans la Vienne de 1919, l’épouse d’un diplomate américain, venue soigner l’asthme de son jeune fils de douze ans, tombe sous le charme d’un aristocrate autrichien qui s’occupe de l’enfant pour mieux séduire la mère. Andrew Birkin filme, à travers le regard d’un enfant, les mensonges et trahisons du monde adulte. Croyant qu’on s’intéresse vraiment à lui, l’enfant découvre et comprend qu’il a été manipulé et s’enfuit dans la nuit… « Burning secret » est un film d’une rare intelligence et d’une fantastique sensibilité. Au-delà de la reconstitution soignée de l’Autriche d’après la Première Guerre mondiale, Andrew Birkin a su trouver les émotions et surtout les comédiens justes ! Faye Dunaway en élégante et fibre Américaine apporte sa beauté fragile à ce personnage de femme et de mère. Et l’Autrichien Klaus Maria Brandauer, qui fut un inoubliable « Mephisto », incarne un séducteur charmeur, subtil mais cruel. Un film très actuel dans son approche des relations enfants-adultes.

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